En France, aucun organisme unique ne surveille l'ensemble des risques naturels. Géorisques rassemble les informations disponibles sur les risques recensés autour d'une commune ou d'une adresse. Météo-France et Vigicrues assurent des missions de vigilance. Le BRGM, le Cerema, le BCSF-Rénass ou encore le Shom produisent des observations, des cartes et des études spécialisées.
Ces acteurs ne fournissent pas tous la même information. Certains annoncent un phénomène susceptible de survenir prochainement. D'autres cartographient une exposition durable, recensent des événements passés ou contribuent à l'élaboration des documents réglementaires.
Connaître leur rôle permet d'utiliser la bonne source, sans confondre une vigilance, une carte d'exposition, un événement observé et le niveau de vulnérabilité réel d'une maison.
À retenir — Une carte publique renseigne sur un territoire ou un phénomène. Elle ne constitue pas, à elle seule, un diagnostic du logement ni une liste d'actions personnalisée.
Les principaux organismes en un coup d'œil
| Risque ou besoin | Organismes et services de référence | Informations principalement disponibles |
|---|---|---|
| Ensemble des risques à une adresse | Géorisques | Risques recensés, zonages et documents disponibles |
| Vigilance météorologique | Météo-France | Vigilances, prévisions et données climatologiques |
| Crues | Vigicrues | Vigilance, observations et prévisions sur les cours d'eau surveillés |
| Retrait-gonflement des argiles | BRGM, Géorisques | Cartes d'exposition des sols |
| Feux de forêt | Géorisques, BDIFF, ONF, Météo-France | Zonages, événements recensés, prévention et danger météorologique |
| Tempêtes, grêle et vents violents | Météo-France, MRN | Vigilance, climatologie et retours d'expérience |
| Tornades et orages violents | Météo-France, Keraunos | Informations météorologiques et analyses spécialisées |
| Séismes | Géorisques, BCSF-Rénass | Zonage réglementaire, séismes et intensités observés |
| Mouvements de terrain et cavités | BRGM, Géorisques | Phénomènes recensés et cartographies disponibles |
| Érosion et recul du trait de côte | Cerema, Géolittoral | Évolution du littoral et exposition territoriale |
| Niveau de la mer | Shom, REFMAR | Mesures marégraphiques et séries d'observation |
| Radon | ASNR, Géorisques | Potentiel radon à l'échelle communale |
Pourquoi plusieurs organismes interviennent-ils ?
Le mot « surveillance » recouvre en réalité plusieurs missions.
Observer
Des réseaux de capteurs et des enquêtes permettent de mesurer les pluies, le vent, la hauteur des cours d'eau, le niveau de la mer ou les secousses sismiques. Ces observations décrivent ce qui se produit ou ce qui s'est produit.
Prévoir et avertir
Météo-France et Vigicrues diffusent des vigilances destinées à signaler un phénomène susceptible de devenir dangereux. Une vigilance est limitée dans le temps et ne décrit pas l'exposition permanente de chaque habitation.
Cartographier l'exposition
Le BRGM, le Cerema et les services de l'État contribuent à produire des cartes relatives aux sols, aux inondations, aux mouvements de terrain ou au littoral. La précision et la portée de ces cartes varient selon les phénomènes et les territoires.
Réglementer
Les plans de prévention des risques et les documents d'urbanisme peuvent imposer des règles ou des prescriptions. Ils ne doivent pas être confondus avec une simple carte informative ou avec l'historique des événements passés.
Analyser les conséquences
La Caisse centrale de réassurance, la Mission Risques Naturels et les assureurs étudient les dommages et la sinistralité. Leurs travaux complètent les sources publiques, mais n'exercent pas la même fonction qu'un service officiel de vigilance.
Géorisques : le portail public de référence
Géorisques est le principal point d'entrée public pour rechercher les risques naturels et technologiques recensés en France.
Le portail permet notamment de consulter des informations relatives aux inondations, au retrait-gonflement des argiles, aux mouvements de terrain, aux cavités souterraines, aux séismes, aux feux de forêt, aux avalanches, au radon et à certains risques littoraux.
Il donne également accès, lorsqu'ils existent, à des plans de prévention des risques et à l'historique des arrêtés portant reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle.
Ce que cette source apporte : une première vision des informations connues autour d'une commune ou d'une adresse.
Sa limite : un risque peut ne concerner qu'une partie de la commune ou de la parcelle. Les informations disponibles ne décrivent pas nécessairement l'état, la conception ou l'environnement immédiat du bâtiment.
Inondation : Géorisques, Vigicrues et Cerema
Géorisques
Géorisques rassemble différents zonages et documents relatifs aux inondations : plans de prévention, atlas de zones inondables et informations issues de la directive européenne sur les inondations.
Vigicrues
Vigicrues est le service public d'information sur le risque de crue des principaux cours d'eau surveillés par l'État. Il publie une carte nationale de vigilance, des bulletins et, selon les secteurs, des mesures ou des prévisions de hauteur et de débit.
Vigicrues ne surveille pas chaque rivière et ne cartographie pas tous les phénomènes de ruissellement. Une absence de cours d'eau suivi à proximité ne permet donc pas de conclure à une absence de risque d'inondation.
Cerema
Le Cerema apporte son expertise sur la connaissance des inondations, la vulnérabilité des bâtiments et la résilience des territoires. Il produit des méthodes, des études et des outils principalement destinés aux collectivités et aux acteurs de l'aménagement.
Pour un logement : ces sources permettent de comprendre le contexte territorial. L'exposition réelle dépend ensuite de la localisation précise, du relief, des écoulements possibles et des caractéristiques de la construction.
Retrait-gonflement des argiles : BRGM et Géorisques
Le Bureau de recherches géologiques et minières, ou BRGM, est l'établissement public français de référence dans le domaine du sol et du sous-sol.
Ses travaux contribuent à la cartographie de l'exposition au retrait-gonflement des sols argileux. Ce phénomène peut provoquer des mouvements différentiels du sol pendant les alternances de sécheresse et de réhydratation, avec des conséquences possibles sur certaines maisons.
Les cartes sont diffusées sur Géorisques et permettent de situer un terrain dans un contexte d'exposition.
Limite à connaître : une carte géologique ne renseigne pas, à elle seule, sur la profondeur et la qualité des fondations, l'historique des fissures, la gestion des eaux, la présence d'arbres ou l'entretien du bâtiment.
Feux de forêt et de végétation : plusieurs sources complémentaires
Géorisques
Géorisques présente les informations territoriales disponibles, notamment certains zonages, plans de prévention et obligations légales de débroussaillement.
BDIFF
La Base de données sur les incendies de forêt en France, ou BDIFF, recense les feux de forêt et d'espaces naturels enregistrés par les services compétents. Elle contribue à l'étude de leur répartition géographique, de leur fréquence et des surfaces parcourues.
Office national des forêts
L'Office national des forêts, ou ONF, participe à la prévention, à la connaissance des massifs et à l'information sur les obligations de débroussaillement.
Météo-France
La météo des forêts de Météo-France indique, pendant la saison concernée, le niveau de danger météorologique de feu à l'échelle départementale. Ce niveau de danger ne constitue pas une prévision de départ de feu ni une évaluation individuelle de chaque maison.
Pour un logement : la proximité de la végétation ne suffit pas à définir la vulnérabilité d'une maison face au risque de feu de forêt. L'accès des secours, le débroussaillement, la pente, les matériaux, les ouvertures et l'entretien des abords interviennent également.
Tempêtes, vents violents, grêle et tornades
Météo-France
Météo-France est l'établissement public chargé de la météorologie et de la climatologie en France. Il diffuse la vigilance météorologique et produit des analyses sur les tempêtes, les orages, la grêle, les rafales et les tornades.
La vigilance répond à une question immédiate : un phénomène dangereux est-il susceptible de toucher prochainement un territoire ? Elle ne constitue pas un classement permanent de l'exposition de chaque habitation.
Keraunos
Keraunos est un observatoire privé spécialisé dans les orages violents, les tornades, la grêle et les phénomènes convectifs.
Ses analyses, ses retours de terrain et ses bases événementielles peuvent compléter les informations publiques, notamment pour documenter des phénomènes très localisés.
Keraunos n'est cependant pas un service de l'État. La vigilance officielle relève de Météo-France. Toute reproduction de cartes, de photographies ou de données doit respecter les conditions d'utilisation définies par l'observatoire.
Mission Risques Naturels
La Mission Risques Naturels, ou MRN, est une association créée par les assureurs français. Ses bilans apportent un éclairage complémentaire sur les événements et leurs conséquences assurantielles.
Pour un logement : l'historique d'une tempête ou d'une tornade ne permet pas de prédire le prochain événement. Il peut néanmoins aider à comprendre la nature des dommages possibles et les points de vulnérabilité généralement observés.
Séismes : Géorisques et BCSF-Rénass
Géorisques diffuse le zonage sismique réglementaire utilisé pour déterminer les règles applicables aux constructions.
Le Bureau central sismologique français – Réseau national de surveillance sismique, ou BCSF-Rénass, collecte et analyse les informations relatives aux séismes. Il publie notamment leur localisation, leur magnitude et les intensités observées ou ressenties.
Ces deux informations sont complémentaires :
- le zonage réglementaire traduit un niveau d'aléa pris en compte pour la construction ;
- les données du BCSF-Rénass documentent les séismes et leurs effets observés.
Pour un logement : l'exposition territoriale doit être distinguée de la vulnérabilité du bâtiment, qui dépend notamment de sa conception, de sa période de construction et de son état. Voir séismes, mouvements de terrain et cavités : comprendre les risques pour son logement.
Mouvements de terrain et cavités : BRGM et Géorisques
Le BRGM et Géorisques diffusent des informations sur les glissements, éboulements, effondrements et cavités souterraines recensés.
Ces bases permettent de signaler la présence de phénomènes connus, mais leur précision varie. Une cavité non inventoriée ou une instabilité très locale peut ne pas apparaître dans une base nationale.
Pour un logement : des fissures, des déformations du terrain ou des désordres récents nécessitent une analyse adaptée. La consultation d'une carte ne remplace pas l'examen du site et du bâtiment — voir séismes, mouvements de terrain et cavités.
Littoral : Cerema, Géolittoral, Shom et REFMAR
Cerema et Géolittoral
Le Cerema étudie l'érosion, le recul du trait de côte et l'exposition des territoires littoraux. Le portail Géolittoral rassemble différentes cartes et données consacrées au littoral.
Certaines collectivités élaborent également des cartes locales d'exposition au recul du trait de côte à différents horizons. Ces documents doivent être consultés dans leur contexte et avec leur date de référence.
Shom et REFMAR
Le Service hydrographique et océanographique de la Marine, ou Shom, est le référent national pour l'observation du niveau de la mer. Il coordonne REFMAR, le réseau de référence des observations marégraphiques françaises.
Les marégraphes mesurent l'évolution du niveau marin. Ces observations contribuent à l'étude des marées, des submersions et de l'élévation du niveau de la mer.
Limite à connaître : un niveau marin observé ne suffit pas à déterminer si une maison sera atteinte. Le relief, les ouvrages de protection, les vagues, le vent et les scénarios retenus doivent également être considérés.
Radon : ASNR et Géorisques
L'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection, ou ASNR, diffuse une carte du potentiel radon des communes françaises.
Le radon est un gaz radioactif d'origine naturelle susceptible de s'accumuler dans les espaces fermés. La carte classe les communes en trois catégories de potentiel géologique.
Cette classification ne mesure pas la concentration réellement présente dans une habitation. Celle-ci dépend aussi des caractéristiques du bâtiment, de son contact avec le sol et de son renouvellement d'air. Seule une mesure dans le logement permet de connaître la concentration intérieure.
Les organismes qui analysent les dommages
Caisse centrale de réassurance
La Caisse centrale de réassurance, ou CCR, intervient dans le régime français d'indemnisation des catastrophes naturelles. Elle produit également des études sur l'exposition, la sinistralité et le coût des catastrophes.
Mission Risques Naturels
La MRN mène des travaux de connaissance et de prévention à partir, notamment, des retours d'expérience du secteur de l'assurance.
France Assureurs
France Assureurs publie des données et recommandations relatives aux dommages assurés et aux démarches à effectuer après un événement.
Ces travaux sont utiles pour comprendre les conséquences économiques et les mécanismes d'indemnisation. Ils sont complémentaires des sources publiques d'observation, de vigilance et de réglementation.
Carte d'exposition, vigilance et arrêté CatNat : trois informations différentes
Une carte d'exposition
Elle représente la possibilité qu'un phénomène concerne un territoire selon les connaissances et la méthode utilisées. Elle n'annonce pas la survenue prochaine d'un événement.
Une vigilance
Elle informe d'un danger potentiel pour une période courte et une zone déterminée. Elle ne constitue pas un diagnostic permanent du logement.
Un arrêté de catastrophe naturelle
Un arrêté CatNat intervient après un événement. Il reconnaît qu'un phénomène naturel d'une intensité anormale a concerné certaines communes pendant une période donnée, dans le cadre du régime d'indemnisation.
Il ne signifie pas que toutes les habitations de la commune ont été endommagées. Son absence ne prouve pas davantage qu'aucun événement ou dommage ne s'est produit.
À retenir — Un arrêté CatNat décrit une reconnaissance administrative passée. Il ne mesure pas le niveau d'exposition futur d'une maison.
Pourquoi les données publiques ne suffisent-elles pas toujours pour une maison ?
Les données publiques sont indispensables, mais elles ne sont pas toutes produites à la même échelle, à la même date ni avec le même objectif.
Une information communale peut masquer de fortes différences entre quartiers. Une carte d'exposition des sols ne décrit pas les fondations. Un événement recensé ne constitue pas une probabilité individuelle. Une vigilance départementale ne précise pas les dommages susceptibles de toucher chaque toiture.
Deux maisons voisines peuvent ainsi présenter des vulnérabilités différentes selon :
- leur implantation et leur altitude ;
- la nature du terrain ;
- leurs fondations et leur période de construction ;
- la toiture, les ouvertures et les matériaux ;
- la pente et les écoulements autour de la parcelle ;
- la végétation et les arbres proches ;
- l'entretien et les transformations déjà réalisées.
L'information territoriale constitue donc un point de départ. Elle doit être interprétée avec les caractéristiques du logement avant de décider des vérifications ou actions pertinentes.
La méthode éditoriale de Maison & Climat
Maison & Climat s'appuie en priorité sur des sources publiques et officielles. Les études scientifiques, institutionnelles ou assurantielles sont utilisées en complément lorsqu'elles apportent un éclairage utile.
Pour chaque donnée importante, nous cherchons à préciser :
- l'organisme qui la produit ;
- la nature publique, réglementaire ou complémentaire de la source ;
- la période ou la date de référence ;
- l'échelle géographique de l'information ;
- les principales limites d'interprétation.
Cette démarche permet d'éviter deux erreurs : sous-estimer un phénomène parce qu'il est peu visible dans l'actualité, ou attribuer à une habitation un niveau de risque à partir d'une information trop générale.
Questions fréquentes
Quel est le site officiel pour connaître les risques naturels à une adresse ?
Géorisques est le portail public de référence. Il permet de rechercher une adresse ou une commune et d'accéder aux risques, zonages et documents disponibles. Le résultat constitue une première information territoriale, pas un diagnostic complet de l'habitation.
Quelle est la différence entre Géorisques et Météo-France ?
Géorisques rassemble principalement des informations territoriales et réglementaires sur les risques. Météo-France observe l'atmosphère, établit des prévisions et diffuse la vigilance météorologique.
Quelle est la différence entre Météo-France et Vigicrues ?
Météo-France surveille les phénomènes météorologiques. Vigicrues informe sur le risque de crue des principaux cours d'eau surveillés par l'État. Les deux services sont complémentaires pendant un épisode de fortes pluies.
Vigicrues couvre-t-il toutes les inondations ?
Non. Vigicrues suit les principaux cours d'eau intégrés au réseau de surveillance de l'État. Les débordements de petits cours d'eau, le ruissellement et d'autres phénomènes locaux peuvent nécessiter des sources complémentaires.
Keraunos est-il un organisme officiel ?
Non. Keraunos est un observatoire privé spécialisé dans les orages violents, la grêle et les tornades. Ses analyses peuvent compléter les sources publiques, mais la vigilance météorologique officielle relève de Météo-France.
Un arrêté CatNat permet-il de connaître le risque futur ?
Non. Il reconnaît administrativement un événement passé pour une période et des communes déterminées. Il ne constitue ni une prévision ni une carte précise du risque futur pour une habitation.
Une commune peut-elle être considérée comme sans risque naturel ?
Il est préférable de parler d'absence d'exposition recensée dans les bases consultées. Certaines données peuvent être incomplètes, anciennes ou produites à une échelle ne permettant pas de représenter tous les phénomènes locaux.
Une carte communale suffit-elle pour évaluer une maison ?
Non. Elle apporte un contexte territorial. La localisation précise, la construction, l'état du bâtiment et son environnement déterminent ensuite sa vulnérabilité réelle.
Comprendre le territoire est une première étape
Les organismes présentés sur cette page mettent à disposition une quantité importante d'informations. Leur interprétation à l'échelle d'une habitation reste cependant plus complexe : les cartes ne répondent pas toutes à la même question et la présence d'une exposition ne permet pas, à elle seule, de déterminer les actions à engager.
Le Guide Maison & Climat 2026 vous aide à comprendre les principaux risques naturels et climatiques, à repérer les points de vigilance de votre habitation et à découvrir les mesures générales de prévention.