Un propriétaire qui a vu sa prime d’assurance habitation grimper en 2025 a de bonnes raisons de s’interroger : les sinistres, eux, ont reculé. C’est ce que montre le bilan annuel publié par France Assureurs le 11 septembre 2026, qui donne pour la première fois depuis plusieurs années une image plus nuancée que le seul récit de la hausse continue des tarifs.

Ce que montre le bilan 2025

Les assureurs ont collecté environ 15 milliards d’euros de primes d’assurance habitation en 2025, en hausse de 8,4 % sur un an. La prime annuelle moyenne atteint 323 euros hors taxes (+7,8 %) : 351 euros pour un occupant, 191 euros pour un propriétaire non-occupant.

En face, 4,2 millions de sinistres ont été indemnisés, pour un total de 7,9 milliards d’euros. La fréquence des sinistres a baissé de 9,1 % sur l’année, tandis que leur coût moyen a progressé de 7,4 %. Résultat : le ratio sinistres sur primes (le taux de sinistralité) redescend à 52,8 %, contre 58,5 % en 2024. C’est la première amélioration de cet indicateur depuis plusieurs années, alors même que les tarifs ont continué d’augmenter.

Où va l’argent : dégâts des eaux, incendie, tempête

La répartition par type de sinistre donne une image différente de ce que l’intuition suggère. Le dégât des eaux reste le sinistre le plus fréquent : 39 % des déclarations, soit environ 35,6 pour 1 000 contrats. Mais ce n’est pas le poste le plus coûteux. L’incendie, moins fréquent, concentre 28,7 % des sommes versées, avec un coût moyen par sinistre supérieur à 14 000 euros, nettement au-dessus de toutes les autres garanties.

La tempête, la grêle et la neige, regroupées dans cette statistique, représentent 16,2 % des dépenses, pour un coût moyen d’environ 3 343 euros. Ce chiffre prend un relief particulier à la lumière des trois vagues de grêle et de vent qui ont frappé la France entre mai et juillet 2026 : France Assureurs les a chiffrées à elles seules à près de 3,9 milliards d’euros, dont plus d’un milliard sur les seuls logements pour la dernière vague. La saison 2026 pourrait donc peser nettement plus lourd que la moyenne 2025 sur ce poste précis.

Les catastrophes naturelles, de leur côté, ont vu leurs dépenses reculer de 53,5 % par rapport à 2024 (coût moyen d’environ 6 130 euros par sinistre). Cette baisse ne signifie pas un recul du risque climatique de fond : elle reflète surtout qu’une année de comparaison, 2024, avait été particulièrement chargée sur ce poste.

Pourquoi les primes montent malgré tout

La baisse de la sinistralité 2025 n’a pas interrompu la hausse des primes, et les deux évolutions ne sont pas contradictoires. Une partie de la hausse de 2025 provient du relèvement de la surprime CatNat, passée de 12 % à 20 % de la prime de base au 1er janvier 2025, une décision antérieure au bilan 2025, dont les effets se lisent dans les chiffres de l’année. Les assureurs tarifient aussi sur une tendance de long terme plutôt que sur la seule année écoulée : d’ici 2050, le coût des dommages couverts par le régime CatNat augmenterait d’environ 40 % sous l’effet du seul changement climatique, et d’environ 60 % en tenant compte de la hausse des biens assurés en zone exposée (Caisse centrale de réassurance et Météo-France, 2023).

Dans les zones déjà marquées par des sinistres répétés (sécheresse, inondation), cette logique se traduit concrètement par des franchises alourdies ou des conditions resserrées, documentées par ailleurs sur ce site à propos du régime CatNat et de la franchise unique en cas de catastrophes successives.

En résumé

Le bilan 2025 de France Assureurs dessine une situation à double lecture : une sinistralité en repli, mais des primes qui continuent leur progression entamée depuis plusieurs années, portée par une tarification qui anticipe la tendance climatique plutôt que la seule photographie de l’année écoulée. Le dégât des eaux reste le sinistre du quotidien, l’incendie le plus coûteux à l’unité, et la tempête-grêle un poste à surveiller de près compte tenu de ce qu’a déjà coûté le printemps-été 2026. Le prochain bilan, portant sur 2026, permettra de vérifier si cette année marque une rupture ou un pic ponctuel dans la série.

Sources

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