Mise à jour du 25 septembre 2026 — Météo-France a confirmé que l’été 2026 a été le plus chaud enregistré en France depuis 1900.

La chaleur est passée, mais ses effets sur certaines maisons peuvent apparaître plus tard. Sur les sols argileux, l’assèchement puis la réhydratation provoquent des mouvements de terrain susceptibles de fissurer les bâtiments.

Après un été 2026 exceptionnellement chaud et sec, la rentrée et le début de l’automne constituent donc une période de surveillance utile pour les propriétaires de maisons situées en zone d’exposition au retrait-gonflement des argiles (RGA).

Été 2026 : le bilan officiel confirme un épisode exceptionnel

Le bilan publié par Météo-France le 3 septembre permet désormais de qualifier précisément l’été 2026.

En France, il a été :

  • le plus chaud enregistré depuis 1900, avec une température moyenne de 24,0 °C et une anomalie de +3,6 °C ;
  • marqué par 53 jours de vague de chaleur, contre 33 jours en 2022 ;
  • marqué par 178 franchissements de 40 °C sur le réseau principal de Météo-France, un record ;
  • déficitaire en précipitations d’environ 40 % ;
  • le deuxième été le moins pluvieux depuis le début de la série utilisée par Météo-France ;
  • caractérisé par une sécheresse des sols sans précédent en moyenne à l’échelle du pays.

Météo-France estime qu’un tel niveau de chaleur aurait été quasi impossible sans changement climatique d’origine humaine.

Ces données décrivent les conditions météorologiques nationales. Elles ne permettent pas, à elles seules, de prévoir qu’une maison va se fissurer. Le risque dépend aussi de la nature du sol, des fondations, de la végétation, de la gestion de l’eau autour du bâtiment et de son historique.

Pourquoi des fissures peuvent apparaître après la sécheresse

Le retrait-gonflement des argiles est un phénomène lent.

Lorsque le sol argileux s’assèche, il se rétracte. Lorsqu’il retrouve de l’humidité, il gonfle. Si ces mouvements ne sont pas homogènes sous l’ensemble du bâtiment, ils peuvent créer des tassements différentiels et solliciter les fondations.

C’est pourquoi un propriétaire peut ne rien observer pendant la période la plus chaude puis découvrir des désordres plusieurs semaines plus tard.

Le retour de la pluie ne doit toutefois pas être présenté comme la cause automatique d’une « vague de fissures ». Au 25 septembre 2026, il n’existe pas encore de bilan national consolidé permettant de mesurer le nombre de sinistres RGA provoqués par l’été 2026.

Les signes à surveiller cet automne

Une microfissure isolée n’a pas la même signification qu’un ensemble de désordres qui évoluent simultanément.

Soyez notamment attentif à :

  • des fissures obliques ou en escalier sur les façades ;
  • une fissure qui s’allonge ou s’élargit ;
  • des fissures autour des portes et fenêtres ;
  • des ouvertures qui se mettent à coincer ;
  • un décollement entre la maison et une extension, une terrasse ou un garage ;
  • un dallage ou un carrelage qui se déforme ;
  • un affaissement local du terrain.

La forme d’une fissure ne permet pas, à elle seule, d’attribuer le dommage au RGA.

Photographier maintenant pour pouvoir comparer

Si vous observez une fissure, photographiez-la avec un repère de dimension et conservez la date.

Reprenez ensuite la même photographie, sous un angle comparable. Cette chronologie peut être utile pour un professionnel du bâtiment, un expert ou l’assureur.

Évitez de masquer immédiatement une fissure évolutive par un simple rebouchage esthétique : vous perdriez une partie de l’information permettant d’en suivre l’évolution.

Vérifier l’exposition de votre terrain

Depuis le 1er juillet 2026, la nouvelle carte nationale d’exposition au RGA classe 55 % du territoire hexagonal en exposition moyenne ou forte. Environ 12,1 millions de maisons individuelles, soit 61,5 % du parc individuel, sont situées dans ces zones.

Ce zonage indique une exposition potentielle. Il ne constitue pas un diagnostic structurel de votre maison.

Vous pouvez vérifier l’exposition de votre adresse sur Géorisques.

Autour de la maison : surveiller aussi l’eau et la végétation

Le comportement du sol dépend aussi de son environnement immédiat.

Vérifiez notamment l’évacuation des eaux de toiture, l’absence de fuite sur les réseaux proches du bâtiment et les zones où l’eau se concentre au pied des façades.

Les arbres et haies proches peuvent également modifier localement l’humidité du sol.

L’objectif n’est pas de provoquer artificiellement une réhydratation brutale du terrain, mais d’éviter les déséquilibres et les apports d’eau anormaux près des fondations.

Que faire si les fissures apparaissent ou évoluent ?

Commencez par documenter les désordres et vérifiez l’exposition RGA du terrain.

Contactez votre assureur lorsque les fissures apparaissent ou s’aggravent afin de connaître les démarches adaptées à votre contrat et à la situation de votre commune.

Renseignez-vous également auprès de la mairie pour savoir si une demande de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle liée à la sécheresse est engagée ou envisagée.

Si les désordres sont importants, évolutifs ou touchent plusieurs parties du bâtiment, un diagnostic technique adapté peut être nécessaire. Une étude géotechnique de type G5 peut notamment être mobilisée pour rechercher l’origine de désordres affectant un ouvrage existant.

Assurance CatNat : la reconnaissance de la commune reste déterminante

Les dommages liés à la sécheresse géotechnique ne sont pas automatiquement indemnisés au titre du régime des catastrophes naturelles.

La prise en charge suppose notamment que la commune et la période concernées soient reconnues par un arrêté de catastrophe naturelle et que les autres conditions de garantie soient réunies.

La franchise réglementaire applicable aux dommages imputables aux mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols est spécifique à ce risque. Vérifiez son montant applicable au moment du sinistre auprès de votre assureur ou dans les textes en vigueur.

Pour le détail des garanties, délais et démarches, consultez notre page dédiée à l’assurance CatNat.

Mise à jour du 2 octobre 2026 : un nouvel arrêté, et une fenêtre de 30 jours pour agir

Un arrêté du 11 septembre 2026, publié au Journal officiel le 22 septembre, reconnaît l’état de catastrophe naturelle pour 177 communes, tous risques confondus : inondations, mouvements de terrain, remontées de nappe et, pour ce qui concerne cet article, 78 communes au titre de la sécheresse et du retrait-gonflement des argiles, dont 75 pour la sécheresse 2025.

Si votre commune figure dans cette liste, le délai pour déclarer un sinistre à votre assureur court à partir de la publication de l’arrêté : vous avez jusqu’au 22 octobre 2026. Passé ce délai, la déclaration reste possible mais l’assureur peut en tenir compte dans le traitement du dossier. La franchise applicable aux dommages liés à la sécheresse est de 1 520 €.

Pour vérifier si votre commune est concernée, la liste complète est publiée au Journal officiel et reprise par plusieurs médias spécialisés en assurance.

Pourquoi autant de communes sont rejetées

Cet arrêté donne aussi une indication utile sur vos chances d’être reconnu si votre commune n’a pas encore fait de demande, ou attend une réponse. Sur ce même arrêté, 75 communes ont été reconnues pour la sécheresse 2025, contre 168 rejetées sur l’ensemble des dossiers examinés — soit environ 7 demandes sur 10 refusées.

Le motif de rejet n’est presque jamais lié à l’état des maisons constaté sur place. Il tient à un critère météorologique : l’indice d’humidité des sols de la commune doit correspondre à un épisode statistiquement rare, avec une période de retour d’au moins 10 ans, selon la méthode fixée par la circulaire du 29 avril 2024. Une commune peut donc avoir des maisons fissurées et une sécheresse réelle, sans que celle-ci soit jugée assez exceptionnelle au sens de cette grille.

Autre élément à garder en tête avant de comparer votre situation à celle d’une commune voisine : dans cet arrêté, le Pas-de-Calais et le Nord regroupent 36 des 75 communes reconnues, alors que des départements plus anciennement considérés comme exposés au retrait-gonflement des argiles (Gers, Lot-et-Garonne) n’en comptent que 3 ou 4 chacun. Cela ne veut pas dire que ces derniers sont moins exposés au risque argile sur la durée — la carte de zonage BRGM déjà présentée plus haut dans cet article reste la référence pour l’exposition structurelle. Cela montre seulement que la reconnaissance d’une année donnée dépend d’un calcul d’anomalie météorologique locale, pas du niveau d’exposition au risque. Ne pas conclure d’un rejet que votre maison n’est pas exposée au RGA : les deux informations répondent à deux questions différentes.

Ce qu’il faut retenir à l’automne 2026

L’information nouvelle n’est pas l’existence du RGA : ce risque est déjà largement documenté.

Ce qui change en septembre 2026, c’est que le bilan définitif de Météo-France confirme l’intensité exceptionnelle des conditions auxquelles les sols ont été soumis pendant l’été.

Pour les propriétaires en zone argileuse, la bonne réponse n’est pas de conclure qu’une fissure va nécessairement apparaître, mais de surveiller, photographier, comparer et documenter les éventuels désordres afin de pouvoir réagir rapidement s’ils évoluent.

Sources

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